Le diabète de type II

Prise en charge

La précocité du diagnostic et de la prise en charge ainsi que la globalité des actions thérapeutiques conditionnent le pronostic des patients afin de prévenir l'apparition ou l'évolution des complications.

La prise en charge thérapeutique du diabète de type II doit :(12)
  • être précoce
  • être globale
  • viser à normaliser la glycémie et à corriger l'ensemble des facteurs de risque cardiovasculaire amendables ;
  • être adaptée à chaque patient en étant modulée selon l'âge physiologique, les comorbidités, la sévérité et l'ancienneté du diabète ;
  • s'appuyer sur la participation active du patient*
  • et faire appel à la complémentarité des différents professionnels de santé.

* (mesures d'hygiène de vie, arrêt du tabac, exercice physique, prise en charge pondérale, observance médicamenteuse).


Dans un premier temps, ces règles peuvent être les seuls éléments du traitement. On recherchera un bon équilibre alimentaire, une augmentation de l'activité physique et une réduction du poids si nécessaire.
  • L'alimentation
    L'alimentation Dans le traitement du diabète de type II, la perte de poids est souvent indispensable. Suivant les pathologies éventuellement associées, le médecin nutritionniste ou le diététicien établit un programme alimentaire spécifique selon le surpoids, l'activité physique et l'âge du patient. L'alimentation du diabétique doit être équilibrée et comporter des glucides (environ 50% de l'apport énergétique total), des lipides (35%), des protéines (15%).
    Le diabétique se limitera à 3 repas par jour et proscrira le grignotage.
    Les sucres rapides seront supprimés (boissons sucrées, confitures, confiseries, glaces).
    Les glucides doivent surtout provenir d'aliments amylacés comme le riz, les pâtes, le pain, les légumes secs. Ces apports seront répartis entre les différents repas.
    Les graisses, elles, seront limitées de préférence aux graisses d'origine végétale.
    En effet, un régime hypocalorique permet de réduire plus facilement le surpoids.

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  • L'activité physique
    L'activité physiqueUne activité physique régulière (marche, vélo, natation, gymnastique) permet d'abaisser la glycémie et favorise la perte de poids. Ainsi, une pratique sportive pluri-hebdomadaire aidera l'organisme à utiliser efficacement le sucre présent dans le sang et à stabiliser le poids.

Si après quelques mois ces mesures hygiéno-diététiques s'avèrent insuffisantes pour équilibrer la glycémie, l'instauration d'un traitement médicamenteux devient alors nécessaire. Il est indispensable de poursuivre en parallèle les efforts alimentaires et sportifs.


Antidiabétiques oraux (ADO)
Selon l'état de la personne, le médecin décidera du traitement requis.
Il existe cinq classes principales d'antidiabétiques oraux :
  • Les biguanides qui agissent notamment contre la résistance à l'insuline en diminuant la production hépatique du glucose
  • Les sulfamides hypoglycémiants qui stimulent la sécrétion d'insuline (insulinosécréteurs)
  • Les glinides qui sont également insulinosécréteurs
  • Les inhibiteurs des alpha-glucosidases qui ralentissent la digestion des sucres (glucides complexes)
  • Les thiazolidinediones (ou glitazones) qui améliorent la sensibilité à l'insuline en réduisant la résistance à l'insuline et améliorent la fonction bétacellulaire du pancréas.

Les Insulines
Un diabétique de type II peut avoir recours de façon transitoire à l'utilisation de l'insuline en cas de grossesse ou d'infection sévère par exemple.
En revanche, si le régime alimentaire ou le traitement oral ne suffisent plus à maintenir l'équilibre du diabète ou si le malade développe une insulino-déficience, l'injection d'insuline s'avère alors nécessaire.

Nouvelle classe thérapeutique : les incrétines et les incrétino-mimétiques (17)
Le GLP1 (Glucagon-Like Peptide 1) est une hormone gluco-incrétine sécrétée par les cellules du jéjunum et de l'iléon en réponse à une prise alimentaire stimulant la sécrétion d'insuline et en freinant ainsi la production hépatique de glucose. Il ralentit la vidange gastrique et aurait un effet central direct sur la satiété. Mais cette hormone naturelle a une demi-vie très courte car elle est très rapidement dénaturée par une enzyme (appelée dipeptidyl-peptidase-4 ou DPP-4). Deux types de traitements ont été développés :

  • Les incrétino-mimétiques ou analogues du GLP-1 : ces molécules résistent à l'action de l'enzyme DPP-4. Elles améliorent ainsi le contrôle glycémique des patients et présentent des effets bénéfiques sur le poids
  • Les inhibiteurs de DPP-4 : ces molécules prolongent la durée de vie du GLP-1 naturel en retardant sa dégradation.
L’insuline représente une part croissante dans le traitement du diabète. En effet, en 2005, 23,9 % des diabétiques étaient traités par insuline seule ou associée contre 21,0 % en 2000. Les personnes diabétiques ont été plus souvent prises en charge à 100 % par l’Assurance maladie au titre d’une affection de longue durée (ALD30)* en 2005 (79,3 %) qu’en 2000 (75,2 %).(15)

* Le dispositif des affections de longue durée a été mis en place dès la création de la sécurité sociale afin de permettre la prise en charge des patients ayant une maladie chronique comportant un traitement prolongé et une thérapeutique particulièrement coûteuse. Depuis 1987, une liste de trente affections (ALD30) ouvre droit à une exonération du ticket modérateur (tumeurs malignes, diabète, maladies psychiatriques de longue durée, maladie coronaire, etc.)

Le coût du diabète
En 2000, les prescriptions délivrées et les soins donnés aux malades diabétiques s'élevaient à 5,71 milliards d’euros, dont 58 % pour des soins effectués en médecine de ville. Le coût moyen annuel du diabète par malade s’élevait à 3914 euros en 2000, soit une augmentation de 234 euros par rapport à 1998 (8).

En 2005, le coût du traitement antidiabétique par patient était de 312 € (± 11€). En 2000, il était de 237 € (± 9 €), ce qui correspond à une augmentation de 31,8 % en cinq ans et à une évolution annuelle moyenne de 5,7 %. Au coût du traitement par antidiabétique s’ajoutait le coût du traitement des facteurs de risque cardiovasculaire. Pour l’année 2005, ce dernier était de 448 € par patient, ce qui portait à 759 € le coût du traitement médicamenteux du diabète et des facteurs de risque cardiovasculaire, soit une augmentation de 41,1 % en cinq ans (tableau VI). Sur l’ensemble des diabétiques de la France métropolitaine, tous régimes d’assurance maladie confondus, on estime que le coût du traitement médicamenteux est passé, entre 2000 et 2005, de 0,9 à 1,8 milliard d’euros.(15)

Sources :
8. Ricordeau P., Weil A., Vallier N., Bourrel R., Guilhot J., Fender P., Allemand H., Prévalence et coût du diabète en France métropolitaine : quelles évolutions entre 1998 et 2000 ? Revue médicale de l’Assurance Maladie volume 33 n°4 / octobre – décembre 2002
12. AFSSAPS - HAS / Traitement médicamenteux du diabète de type 2 - Recommandations de bonne pratique - novembre 2006
15. Kusnik-Joinville O., Weil A., Salanave B., Rocordeau P., Allemand H., Diabète traité : quelles évolutions entre 2000 et 2005, Pratiques et Organisations des Soins, volume 38 n°1/ janvier-mars 2007


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