


Elles regroupent près de 130 maladies pour lesquelles il existe une grande variabilité. Bon nombre d'entre elles sont potentiellement graves et mettent en jeu le pronostic vital. Les chercheurs développent actuellement de nouvelles thérapeutiques, comme les cellules-souches et les thérapies géniques, qui font l'objet de plusieurs essais cliniques.
On dénombre plus de 6 000 maladies rares dont 80 % sont d'origine génétique. Ces maladies rares (moins d'un individu sur 2000) touchent pourtant plus de 3 millions de personnes dans l'Hexagone. Les maladies neuromusculaires représentent à elles seules près de 130 pathologies différentes. Malgré les progrès de la biologie moléculaire qui a permis de mieux les connaître, il n'existe à l'heure actuelle aucun traitement curatif, leur prise en charge se limitant aux traitements des symptômes. Cependant, la prise en charge médicale et psychologique des malades s'est considérablement améliorée, notamment grâce à l'Association française contre les myopathies (AFM) qui soutient également la recherche sur les maladies rares, grâce aux dons annuels du Téléthon.
La génétique est la science des gènes. Elle étudie leur transmission et leurs altérations (mutations). Les maladies génétiques résultent d'une mutation d'un ou plusieurs gènes. Elles sont transmissibles de génération en génération puisqu'elles sont inscrites dans les gènes. Cependant, les modalités de cette transmission varient selon les maladies. Une personne atteinte d'une maladie génétique ne transmettra pas forcément celle-ci à ses enfants. La maladie sautera parfois plusieurs générations. Lorsqu'un seul gène est muté, on parle de maladie monogénique : c'est le cas de la dystrophie musculaire de Duchenne (myopathie de Duchenne), une grave maladie neuromusculaire.
Un gène est une région de la molécule d'ADN, laquelle est le principal constituant des chromosomes. Cette molécule d'ADN est constituée d'une double hélice que l'on retrouve au coeur de chacune de nos cellules (dans le noyau). Par ailleurs, nous possédons tous 23 paires de chromosomes : 22 paires de chromosomes autosomes et une paire de choromosomes gonosomes (XX pour les filles et XY pour les garçons) qui constituent notre patrimoine génétique. Les gènes contiennent l'information pour produire les protéines, des éléments indispensables au bon fonctionnement de tous les organes. Plusieurs milliers de protéines sont nécessaires pour assurer le métabolisme de base d'une cellule.
Le séquençage du génome est une avancée majeure, mais on ignore encore le rôle de l'immense majorité de l'ADN puisque les 30 000 gènes de l'homme ne représentent que 30 % de l'ADN. En effet, si l'on connaît désormais la distribution des lettres, on n'a pas encore décrypté la fonction de la majorité des gènes. Les chercheurs s'attèlent donc désormais à un travail d'annotation du génome afin de caractériser les gènes et d'en déterminer les fonctions. Lorsque ces travaux seront achevés, ils pourront alors élaborer de nouvelles thérapies pour les maladies génétiques.
Carte génétique et ADN
Longue molécule d'1m 80, l'ADN est composée de plus de trois milliards de subtances chimiques ou bases de quatre nature différentes : adénine (A) guanine(G) cytosine (C) et thymine (T) Les nucléotides se succèdent les uns aux autres sur la base d'un enchaînement de triplets.
Exemples : AGC, ATG...Ces lettres, qui varient d'un individu à l'autre, composent notre carte génétique.
Chaque gène est un morceau du fil d'ADN. L'ordre précis des bases qui le composent constitue une information qui permet de définir un être entier. Or, lorsqu'une cellule se divise, l'information contenue dans l'ADN doit être recopiée. Parfois, le système présente des ratés, un peu comme s'il faisait des fautes d'orthographe. Cette altération du message sera présente dans toutes les cellules-filles, mais n'entraînera pas forcément l'apparition d'une maladie. En revanche, lorsque la variation de séquence concerne un endroit stratégique, elle aura une répercussion sur la ou les protéines correspondantes. Que se passe-t-il alors ? Le gène muté peut produire une protéine inactive, ne pas en produire du tout ou encore fabriquer une protéine toxique.
Dans le cas des myopathies de Duchenne et de Becker, c'est une grande protéine nommée dystrophine qui est déficiente. Son rôle est encore très imprécis à l'heure actuelle. Il existe par ailleurs différents types de mutations. L'objectif des généticiens est d'établir des corrélations entre le génotype (gène) et le phénotype (conséquences de cette mutation au plan fonctionnel).
